Cardio et Douleur - L'intérêt du cardio en rééducation

Cardio et douleur : Les patients associent souvent la diminution de la douleur à des traitements passifs : massages, chaud/froid, étirements… Pourtant, l’une des méthodes les plus efficaces, validée scientifiquement depuis plus de 40 ans, est souvent oubliée : l’exercice cardiovasculaire.

OSTÉOPATHIERÉATHLÉTISATIONKINÉSITHÉRAPIE

Julien

11/23/20254 min read

La plupart des patients associent la diminution de la douleur à des traitements passifs : massages, mobilisations, chaud/froid, étirements… Pourtant, l’une des méthodes les plus efficaces, validée scientifiquement depuis plus de 40 ans, est souvent oubliée : l’exercice cardiovasculaire.

Le cardio n’est pas seulement un outil pour améliorer la condition physique — c’est aussi un outil analgésique, capable de réduire la douleur, d’accélérer la récupération et de restaurer les capacités du système nerveux.

Dans cet article, je vous explique pourquoi intégrer l’exercice aérobie dans une prise en charge (rééducation, réathlétisation, prévention) est essentiel, et ce que nous dit la science.

1. Pourquoi le cardio diminue la douleur ?

L’exercice aérobie (marche rapide, vélo, rameur, elliptique, natation, course légère…) active ce qu’on appelle l’EIA : Exercise-Induced Analgesia, ou analgésie induite par l’exercice.

Concrètement, pendant et après l’exercice :

✔️ Le cerveau libère :
  • Endorphines

  • Sérotonine

  • Cannabinoïdes endogènes
    → Tous ont un effet antidouleur naturel.

✔️ Le système nerveux devient moins sensible

L’exercice diminue la réactivité des neurones qui amplifient la douleur (phénomène de sensibilisation centrale).

✔️ Le corps régule mieux l’inflammation

Ce qui permet au tissu lésé de récupérer plus vite.

Résultat : moins de douleur, plus de mobilité, et un retour au mouvement plus rapide.

2. Ce que montre la recherche (ancienne & récente)

Les premières preuves de l’effet antalgique du cardio viennent d’études des années 1980–2000. Mais depuis 2020, les recherches se sont accélérées — et confirment ce que l’on observe en cabinet :

🎯 Des études récentes montrent que :
🔹 L’exercice de renforcement et le PNF diminuent la douleur myofasciale

👉 2023, étude randomisée : exercices de résistance & PNF améliorent nettement la douleur.
Source : PubMed (37725522)

🔹 Le cardio réduit la douleur neuropathique

👉 2023, étude MDPI : l’endurance modérée diminue l’inflammation nerveuse dans des douleurs neuropathiques.
Source : MDPI (Biomedicines 11, 3174)

🔹 L’effet analgésique dépend de l’intensité (et fonctionne même à intensité modérée)

👉 2024 : modulation différente selon âge & sexe, mais efficacité confirmée.
Source : MDPI (Biomedicines 12, 1122)

🔹 La natation “intense” réduit la douleur chronique

👉 2023 : activation de voies neurobiologiques spécifiques (résolvine E1).
Source : NeuroRegeneration Research (LWW Journals)

🔹 Activité physique adaptée & douleur dans les maladies chroniques

👉 2020 : amélioration douleur/qualité de vie dans les maladies neurodégénératives.
Source : JLE (2020-0090)

Conclusion scientifique :
👉 Le cardio est l’un des moyens les plus fiables, reproductibles et accessibles pour diminuer la douleur, quelle que soit son origine.

3. Pourquoi le cardio doit-il faire partie des séances de kiné ? Pourquoi votre ostéopathe devrait-il vous le conseiller ?

✔️ Pour réduire la douleur plus rapidement

Le cardio facilite tout travail qui suit dans une séance de kinésithérapie : mobilisations, renforcement, stretching…

✔️ Pour restaurer la fonction

Le mouvement améliore la qualité du tissu, la proprioception, la vascularisation. Il est donc important en complément de vos séances de kinésithérapie et d'ostéopathie.

✔️ Pour éviter la chronicité

Le mouvement précoce réduit le risque de passage en douleur chronique (source : multiples revues systématiques). De nos jours, avec les délais d'obtention de rendez-vous chez vos professionnels de santé, prescrire un exercice cardio-vasculaire en prévention et pour optimiser la guérison est essentiel.

✔️ Pour redonner confiance au patient

Rebouger est le meilleur antidote à la kinésiophobie (peur du mouvement). Cette peur est fréquente et légitime. Il faut lutter contre le plus rapidement possible.

4. Comment intégrer le cardio quand on est blessé ?

Voici les principes que je conseille :

🔸 Commencer tôt

Même les blessures importantes permettent de bouger d'une manière ou d'une autre :

  • Marche rapide sur tapis

  • Vélo elliptique

  • Rameur

  • Vélo d’appartement sans résistance

  • Exercice s au poids de corps

🔸 2 fois par jour dans la phase aiguë (optionnel mais efficace)

20–30 min au total pour : → effet antalgique + effet anti-inflammatoire léger

🔸 Toujours dans une zone confortable

👉 RPE (échelle de perception de l'effort ) 2–4 = léger essoufflement
👉 Intensité de discussion
👉 Sans majoration des symptômes dans les 24 h

🔸 Progressivité

Augmenter progressivement : La durée, la fréquence, l'intensité
Eviter de faire évoluer les trois en même temps.

5. Et si vous voulez être accompagné, voici mes outils pour  vous aider

📌 Plans de reprise après blessure

J’ai créé des plans prêts à l’emploi (course à pied, reprise progressive, blessure spécifique) disponibles ici :
👉 plans de reprise

📌 Planification personnalisée de reprise

Si tu veux quelque chose de totalement adapté à :

📌 Prendre rendez-vous  pour une séance d'Ostéopathie ou pour un bilan Course à pied
Prendre rendez-vous pour une séance d’ostéopathie

Une séance d’ostéopathie peut être particulièrement utile lors d’une reprise après blessure. L’objectif est d’identifier les zones de tension, les pertes de mobilité et les adaptations posturales installées pendant la phase douloureuse. L’ostéopathe travaille alors sur les tissus, les articulations et la dynamique globale pour optimiser la récupération, réduire les compensations et faciliter le retour au mouvement. Cette approche manuelle permet également de mieux préparer le corps aux futures charges d’entraînement.

Prendre rendez-vous pour un bilan de course à pied

Le bilan de course à pied est un outil d’analyse destiné à comprendre votre manière de courir : cadence, attaque du pied, mobilité, force, et contraintes spécifiques liées à votre pratique. Il permet d’identifier les facteurs de risque de blessure, mais aussi les axes d’amélioration pour une course plus économique. À l’issue du bilan, vous repartez avec des recommandations personnalisées, des exercices ciblés si nécessaire et une orientation claire pour reprendre ou poursuivre l’entraînement en toute sécurité.

Pour une rééducation sécurisée + programme adapté :
👉 RDV sur Maiia

6. Pour conclure

Le cardio n’est pas une option : c’est un pilier du traitement moderne de la douleur.
Les études, anciennes comme récentes, montrent qu’il améliore :

  • la douleur

  • la fonction

  • la confiance

  • la récupération

  • la prévention des récidives

Qu’on soit en plein épisode douloureux, en rééducation ou en réathlétisation, le mouvement est un très bon médicament — et le cardio en est une des formes les plus accessibles.

Julien